Démantèlement nucléaire et glaciation économique
| Energie |
DÉMANTÈLEMENT NUCLÉAIRE ET GLACIATION ÉCONOMIQUE.
0n ne saurait trop mettre en garde les jeunes contre les dangers de la vie. Mais ce n’est pas un service à leur rendre de se substituer à eux pour décider de leur destin.
Chaque siècle frappe de malheurs les générations qui s’y succèdent.
Celles des quatorzième et quinzième siècles ont vu la guerre de cent ans. La conquête du pouvoir et du droit de succession les fit s’entretuer, mit à mal leur économie, les engagea sur les chemins d’une longue et orageuse « amitié » avec les Britanniques.
Au seizième siècle, sous prétexte religieux, et par de nouvelles luttes sous-jacentes pour le pouvoir, notre pays exila une grande partie de ses enfants au détriment de son…P.I.B.
Le dix-septième siècle en fut une sorte de remake. Sous couvert d’unité, par la révocation de l’édit de Nantes et les dragonnades, notre bon royaume envoya aux galères, en exil, et ad patres, un grand nombre de ses enfants. Notre Roi soleil disposa si bien les Allemands à notre égard qu’ils conservent jalousement une tour penchée de la forteresse de Heidelberg, pétardée par Turenne.
À la fin du dix-huitième siècle, notre grande nation s’offrit le luxe d’une révolution, autodestructrice et fondatrice comme elle les aime, et comme les abhorrent nos voisins.
Le dix-neuvième siècle nous vit chercher un régime politique à hauteur de nos nobles ambitions universelles. Nos guerres et nos paix bi-napoléoniennes, glorieuses ou désastreuses, préparèrent les grands affrontements ravageurs du vingtième siècle.
Nos dirigeants ont toujours excellé à faire notre bonheur en nous faisant entretuer, en détruisant notre économie, en nous ôtant toute espérance. Ceux de demain cherchent ce qu’ils pourraient bien inventer pour nous inscrire dans le droit-fil de nos errements.
L’Europe étant maintenant pacifiée, nous ne pouvons guère compter sur les autres pour affaiblir notre économie. Il faudra bien nous en occuper nous-mêmes !
Les zizanies des prétendants au pouvoir y pourvoiront par d’autres guerres de religion.
La querelle des lubies de l’antinucléaire contre les lobbies du nucléaire est une suite ininterrompue de batailles de dérangés antagoniques, armés de stéréotypes terminologiques.
Pour certains, le filon de la décroissance énergétique assurerait en toute sûreté le plein emploi et ferait le bonheur de l’homme « retourné, plein d'usage et raison, /vivre entre ses parents le reste de son âge ! » Ils soupirent : « Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village/Fumer la cheminée, et en quelle saison… »
Pour d’autres, doivent primer la continuité des efforts, la sauvegarde des acquis techniques.
Certes, la sagesse commande d’aller vers plus de sobriété et de veiller à la sécurité. Mais il faut se garder d’une politique de gribouille qui provoquerait un choc énergétique auprès duquel les chocs pétroliers seraient de doux souvenirs des bons vieux temps révolus.
Renoncer à jamais à l’énergie nucléaire serait une folie. Jeter aux orties le fruit de cinquante ans d’efforts serait une bien singulière façon d’assurer la prospérité d’une nation en crise, plongée dans un monde en crise. Miser sur un équilibre énergétique nouveau, obtenu par des économies et par des productions nouvelles, est un pari sur l’existence et la bonne volonté des dieux qui ont si bien veillé sur la Grèce.
Les querelles olympiennes et la quête des aspirants aux délices Élyséennes sont les plus sûrs moyens de produire… une glaciation économique propre à inhiber le réchauffement de la planète et anéantir « la plus douce vie promise aux humains ».
Nous avons précédemment mentionné ici les contraintes physiques qui s’imposeront à la production électrique future :
- Nécessité de maintenir un puissant noyau dur nucléaire pour conserver la pilotabilité d’un réseau électrique constitué de sources toujours plus nombreuses et plus dispersées, dans l’espace et dans ses statuts ;
- Difficulté de conduire et de coordonner des évolutions polymorphes d’un réseau central et de la nuée de ses satellites ;
- Incertitudes sur la capacité des responsables à développer, à un rythme adéquat, des sources nouvelles d’énergie et des économies peu renouvelables.
À ces inéluctables difficultés d’ordre scientifique et technique s’ajoutent des contraintes majeures d’ordre économique et social que ne semblent pas mesurer les porteurs de promesses.
L’impact d’une transition énergétique décroissante, prônée ici ou là, serait un cataclysme qui bouleverserait ce que l’on pourrait appeler la tectonique des plaques professionnelles.
Les actuels problèmes concernant nos finances et notre situation de l’emploi augurent mal de l’avenir de nos ambitions et de notre aptitude à les satisfaire.
Oui, il faut se méfier des apprentis sorciers. Mais aussi des apprentis sourciers. Pour que le rêve d’Aréva et les rêves d’ÉVA ne tournent pas au cauchemar !
Pierre Auguste
Le 21 décembre 2011















